La distinction vie professionnelle et vie personnelle, une illusion ?


Nous avons pris l’habitude de compartimenter nos vies, comme on aime étiqueter les personnes ou les choses et les ranger dans des cases. Nous cherchons à cloisonner notre vie personnelle, de notre vie professionnelle ou notre vie familiale de notre vie sociale, ou encore nos contraintes de nos passions.

Croire qu’un salarié en souffrance au travail retrouve pleinement sa joie de vivre lorsqu’il rentre chez lui ou croire encore que nous laissons nos problèmes à la porte de l’entreprise comme on gare notre voiture sur le parking est une hérésie.

Nous sommes une seule et même personne, qui vivons une multitude de choses, qui changeons plusieurs fois de casquettes au cours d’une même journée, parfois simultanément, dans un même espace.

Bien sûr, nous pouvons être pleinement absorbés par la tâche à réaliser, sous couvert d’être concentré, d’être, comme on dit, dans le flux ou dans le flow, c’est à dire vivre une expérience optimale.

Malgré ces rares moments, il n’en reste pas moins des moments de relâchement où nos pensées prééminentes ressurgissent sans crier gare.

Il est d’ailleurs tout à fait possible de s’adonner à des tâches ménagères tout en chantant, dansant, jouant avec nos enfants.

La distinction entre vie professionnelle et vie personnelle, ou la contrainte et le plaisir est une illusion. Il y a la vie, c’est tout.

Et cela est encore plus vrai aujourd’hui quand il n’y a plus de frontières et de repères spatio-temporels pour délimiter ou cloisonner les différents rôles d’un individu.

Lors du premier confinement certains parents se sont vu travailler sous le même toit que leurs enfants tout en s’occupant de ces derniers, et en se livrant à la préparation des repas. Le télétravail redessine les règles du travail et notamment les horaires imposés, quand le poste le permet. Pour s’adapter davantage au rythme cognitif de chacun aujourd’hui il n’est pas rare de voir un télétravailleur travailler sur la table de son salon tout en s’arrêtant étendre une machine et reprendre le cours de ses activités.

Les avantages de ces nouvelles formes de travail :

  • respect du rythme du (Télé)travailleur
  • pas de transport pour se rendre sur le lieu de travail (gain de temps, économie écologie)
  • un meilleur équilibre de vie
  • moins de stress, plus de sérénité

Les points de vigilance de ces nouvelles formes de travail et quelques solutions à ces points de vigilance :

  • autodiscipline : être capable de se mettre au travail alors même que les autres membres du foyer ne travaillent pas ou que la tentation est grande de vaquer à d’autres occupations ménagères ou qui tiennent du loisir. Trouver son rythme d’efficience personnel et le respecter.
  • motivation : trouver un moteur intrinsèque là où certains puisaient leur motivation dans les obligations incarnées par la présence des collègues ou d’un supérieur, se reconnecter à son pourquoi et réaliser que travailler de chez soi est une opportunité de gagner du temps, de prendre soin de soi, de se ressourcer…
  • absence d’effet de groupe pour se motiver et œuvrer collectivement
  • solitude et isolement : pour certains le lien social, le relationnel est une composante fondamentale de leur bien-être. Veiller à communiquer chaque jour avec un membre de votre équipe, ne serait ce que pour dire bonjour ou pour partager virtuellement un temps de pause pour parler de tout sauf du travail.
  • difficultés d’organisation : organiser son espace pour le rendre propice à son activité, travailler dans un lieu calme et rangé, s’imposer des horaires de travail avec une To Do liste en veillant à distinguer l’urgent de l’important, du reste.

Cet article est extrait de l’émission de radio “Philosopher pour vivre mieux” qui sera diffusé sur RCF mi octobre ( retrouvez le podcast dès sa diffusion dans la rubrique “podcast” de mon site web.

Céline, Psychologue, philosophe en devenir et conférencière, experte en Bien-être et santé des individus et des entreprises.

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