Billet Psychophilo #1: L’angoisse de mort

Sujet tabou, motif de consultation qui occupe la pensée de ceux qui la craignent.

Elle nous obsède, nous obnubile.

Elle nous bouscule, nous rend unanime.

Elle nous précède et nous suit

Elle nous fait craindre la mort et aimer la vie.

Elle nous entraîne dans une lutte absurde et nous empêche de vivre. 

Quelle folle ironie de passer sa vie à craindre de perdre la vie. Nous savons pourtant que c’est la loi de la vie: ce qui naît finit un jour par mourrir.

Plutôt que d’accepter notre condition d’être vivant soumis à cette loi, nous fuyons dans des divertissements, de plaisirs immédiats qui nous font nous sentir faussement vivants.

Entre nécessite et contingence, on espère faire partie de ceux qui vivent vieux et on oublie de vivre jeune.

À force d’y penser, de lutter pour ne pas que cela arrive. On en oublie de vivre. Passant ainsi une grande partie de notre vie à l’imaginer, à l’anticiper, à la craindre et à lutter.

Pendant ce temps nos journées, nos années défilent et nous n’avons rien vécu.

A avoir peur de mourrir on oublie de vivre.

A avoir peur de perdre ceux qu’on aime on oublie de les aimer.

A avoir peur de se perdre on oublie de se trouver, 

A avoir peur de disparaître, on oublie d’être.

A penser des malheurs hypothétiques on en oublie d’être vraiment heureux. 

A tous ceux qui ont peur de mourir, Épicure répond: 

« La mort n’est rien pour nous » Pourquoi ? « Parce que rien n’existe pour nous que dans la sensation; or celui qui est mort ne sent plus rien. Ma mort et moi, nous ne nous rencontrons jamais. Pourquoi devrais je la craindre ? Tant que je suis vivant, la mort, par définition, n’est pas là; et lorsque la mort est la, c’est moi qui ne suis plus… » André Comte Sponville

Si cela est aisé à admettre pour soi-même, il n’en reste pas moins difficile à accepter pour ceux qu’on aime. 

Alors célébrons la vie, n’attendons pas la mort. 

Célébrons la joie, l’amour, la vie, les autres, nous mêmes. Il ne s’agit pas de fuir l’idée de la mort, en tant qu’Hommes, elle est notre finitude mais de vivre pleinement sa vie.

Savoir que nous allons mourrir est un fait, lutter en pensées pour ne pas que cela arrive revient à mettre fin à notre vie par nous-mêmes.

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